T412 – a. Le système d’identification par radiofréquence (RFID)

i. La technologie RFID
  • Dans sa forme la plus simple, le système d’identification par radiofréquence – RFID – se compose de radio-étiquettes, telles que des étiquettes adhésives ou des puces électroniques, qui sont des marqueurs passifs, et d’un lecteur[1].
  • Les marqueurs ont une petite mémoire qui leur permettent de conserver un identifiant et éventuellement des données complémentaires. Chaque fois qu’un marqueur est à proximité d’un lecteur, celui-ci peut lire les informations et identifier la puce RFID.
ii. Le fonctionnement de la technologie RFID
  • Pour communiquer, la RFID emploie la radiofréquence. Le lecteur émet des ondes radios à une certaine fréquence pour activer/alimenter les marqueurs afin d’obtenir les informations sises dans la mémoire de la puce RFID[2].
  • Comme la communication se base sur la radiofréquence, il n’est pas nécessaire que le marqueur et le lecteur entrent physiquement en contact. La proximité entre l’un et l’autre est suffisante. Ainsi, lorsque les objets marqués par une puce RFID passent près d’un lecteur, ils sont automatiquement détectés même si un grand nombre de puces se succèdent ou sont simultanément proches du lecteur.
  • Selon le matériel, la fréquence radio utilisée et les sources d’interférences, la portée d’émission des ondes radios et la réception par le marqueur varient. Dans certains cas, la puce RFID doit se trouver à quelques centimètres; dans d’autres, notamment lorsque le marqueur est muni d’une batterie, la distance entre le lecteur et la puce peut être de plusieurs dizaines de mètres[3].
  • Généralement, la proximité entre le marqueur et le lecteur doit être relativement proche. Un lecteur d’étiquette intelligente détecte une puce jusqu’à 1 mètre 50[4]. Néanmoins, il faut admettre que l’évolution de cette technologie va permettre dans un avenir proche de dépasser les quelques dizaines de centimètres nécessaires.
  • Grâce à la détection, la RFID est donc sans conteste un moyen adéquat pour identifier et de ce fait, localiser un marqueur, extensivement le porteur de la puce[5]. C’est pourquoi, les autorités d’exécution des sanctions l’utilisent sous la forme d’un bracelet-radiofréquence en cas d’assignation à résidence ou de limitation de périmètre[6].
iii. Les évolutions et applications récentes de la RFID
  • A l’appui de l’affirmation voulant que l’évolution technologique permette une communication à une distance considérable, il est suffisant de s’intéresser à trois grandes mises en œuvre de la puce RFID.
  • En premier lieu, les nouveaux passeports dits électroniques ou biométriques sont composés d’une puce RFID qui contient les données d’identité, soit les informations officielles sur un individu[7]. Les Etats-Unis sont désireux de développer cette technique afin de pouvoir lire facilement les informations de la puce sans qu’il soit nécessaire d’être proche du marqueur[8]. Des recherches dans ce sens sont donc entreprises, ce qui au vu des succès technologiques actuels dans divers domaines, notamment informatique, ne devrait pas aboutir à un échec.
  • En deuxième lieu, des médecins américains implantent sous la peau des patients atteints d’Alzheimer une puce RFID. Ainsi, si le malade disparaît, fuit ou se perd, les recherches sont plus aisées grâce à la RFID et aux données identificatrices mémorisées dans le marqueur[9]. Il n’est pas exclu que cet usage se développe afin de surveiller des patients atteints d’autres pathologies mentales. D’ailleurs, en Suisse, un projet pilote a été mis en œuvre en 2005 visant à permettre l’identification des personnes munies d’un implant RFID lorsqu’elles se trouvent à proximité d’un lecteur et déterminer la faisabilité de ce système[10]. Les résultats ne sont pas connus, mais une recherche sur internet démontrent que de plus en plus de pays tente d’intégrer les implants RFID pour identifier des personnes[11].
  • En troisième lieu, partant du principe que les dents sont l’organe du corps humain le plus résistant, des chercheurs belges ont implanté une puce RFID dans une dent contenant une sorte de fiche d’identité. En approchant le marqueur du lecteur, il est alors possible de pouvoir lire les informations qui y sont stockées[12].
  • Concernant cette dernière application de la technologie RFID, vu la faible portée des ondes radios, il faut préciser qu’elle est principalement employée pour identifier un corps méconnaissable. Néanmoins, l’évolution de la technique RFID tendant à miniaturiser le marqueur et également à accroître la distance nécessaire entre le marqueur et le lecteur, il n’est pas exclu que, dans quelques temps, l’introduction d’un marqueur dans une dent puisse servir à tracer des individus.
[1] Arioli, Thalmann, p. 550; CNIG, p. 1; Ferreira Boquet, p. 28; Métille, Thèse, p. 63.

[2] Arioli, Thalmann, p. 550; Commission d'accès à l'information du Québec, p. 1; CNIG, p. 1; Finkenzeller, p. 32-42; Hodges, McFarlane, p. 62; PFPDT, Rapport 2009/2010, p. 34-36.

[3] Hodges, McFarlane, p. 64 ; Métille, Thèse, p. 62.

[4] Schoblick, Schoblick, p. 13-24 et 192-228.

[5] Arioli, Thalmann, p. 551; Bondallaz, protection des personnes, p. 415.

[6] Ferreira Boquet, p. 29-30.

[7] Ghernaouti-Hélie, p. 108-114; Meier P., p. 155; Métille, Thèse, p. 65.

[8] Meier P., p. 155; Métille, Thèse, p. 66.

[9] Informations disponibles sur le site internet du RFID journal: http://www.rfidjournal.com [consulté le 08.05.2016].

[10] Nzz, Chip im Oberarm, article du 10 avril 2005; Tagesanzeiger, Funketiketten machen sich an Menschen ran, article du 6 septembre 2005.

[11] Informations disponibles sur le site internet Killuminati Suisse: http://www.killuminati.ch/ [consulté le 08.05.2016].

[12] Emission Nouvo de la RTS, RFID: la puce fait ses dents, diffusée le 23 avril 2007.

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